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Yoga-Shalala ?!? (1/2)

Ma lecture lors des vacances de Noël fut ce roman graphique, dont on parle pas mal depuis le printemps dernier : Yoga Shalala de Jeanne Burgart Goutal. J’avais entendu parler de ce livre, les retours que j’en avais eu semblaient bons, j’avais donc à cœur de le lire et me faire mon propre avis dessus. Dans cet ouvrage l’autrice nous partage son cheminement vers le yoga, qui démarre par une simple et banale envie de faire du sport, et se perdure par 10 ans de cours, de lectures, de rencontres, de soi-disantes formations au yoga, en France et en Inde. Elle cherche sans relâche à comprendre ce qu’est le yoga, d’où il vient, et ce vers quoi il a évolué jusqu’à aujourd’hui, comment il accompagne des questions essentielles de nos jours comme le féminisme, le rapport au vivant, etc.
Le côté vulgarisation m'a paru assez réussi ; les concepts, les textes fondateurs du yoga étant globalement bien rapportés. En revanche l’expérience du yoga que l’autrice nous transmet par cette ouvrage m’a fort étonnée. Elle relate différentes rencontres, qu’elle fait au gré du vent, sans il me semble vraiment chercher à aller rencontrer des personnes-clés, des écoles reconnues, qui pourraient lui transmettre cette discipline. Elle se laisse porter par les rencontres qu’elle fait, et tombe malheureusement sur des personnes qui abusent de leur place d’enseignant-e, de leur aura, pour influencer de façon néfaste leurs élèves. Si ce livre a le mérite de nous montrer les affres dans lesquels on peut risquer de tomber au long de ce parcours, il généralise à mon sens bien trop ce à quoi le chemin du yoga peut être. J’ai pour ma part eu à cœur de me former auprès de personnes qui avaient une grande expérience du yoga - sa pratique physique mais aussi sa philosophie, son histoire, la pédagogie nécessaire pour le transmettre - , et qui étaient reconnues du fait de leurs années d’expérience et de leur appartenance à une lignée et une école reconnue, qui ne se présentaient non pas comme des maîtres ou des gourous, mais comme des enseignant-es.
Un autre point qui me semble très important d’aborder est sur l’aphorisme que l’on trouve dans les Yoga Sutra de Patanjali (un des texte fondateur du yoga) qui dit « le yoga est l’arrêt des fluctuations du mental », et que l’autrice dit avoir compris comme arrêter de penser, stopper toute pensée critique, cesser de chercher à comprendre. Or, il me semble important là de relever un énorme malentendu. Jamais il ne m’a été présenté de cette façon. Jamais en 15 ans de pratique, le yoga ou la méditation - qui fait partie intégrante du yoga – tels qu’ils m’ont été transmis, n’ont été réduits à ce « il faut arrêter de penser », auquel l’autrice dit avoir été tant confrontée par ses enseignant-es. Je regrette tant ce manque de discernement, cet appauvrissement de l’enseignement, qui réduit la pratique à quelque chose de si maigre, si simpliste, si caricatural… J’ai été fort affectée de voir que même une philosophe pouvait s’en résoudre à si peu.
Mon étonnement au fil de la lecture n’a cessé de croître, sauf un peu à la toute fin. Où l’autrice prend enfin un peu de recul sur le sens de cet aphorisme, et sur son vécu de ses 10 années sur le chemin du yoga, qui ont en fait été 10 années d’emprise. Il me semble finalement que ce livre devrait être présenté davantage comme un ouvrage sur le thème de l’emprise, qui existe hélas aussi dans les milieux du développement personnel et spirituel, dont nous devons bien évidemment chacun-e nous méfier, et contre laquelle nous devons à tout prix lutter.
Après l’avoir lu, j’ai voulu lire quelques critiques grand public qui avaient pu être faites autour de cet ouvrage, la FNAC dit « Une plongée dans l'univers fascinant du yoga, mêlant expérience intime et questionnements universels » ; Télérama dit « … épais roman graphique joyeusement illustré par Aurore Chapon, et récit intime, vibrant, déroutant, documenté, de son odyssée à travers les terres escarpées du yoga ». J’ai été assez déçue de voir le peu de regard critique sur ce livre, et ma crainte et qu’il ne devienne une référence pour les personnes qui pratiquent aujourd’hui le yoga, ou veulent se former pour aller plus loin. Bien sûr il permettra d’éveiller leur vigilance, et cela me semble essentiel ! Pour éviter que d’autres personnes ne tombent dans ces mêmes pièges. Mais j’espère qu’elles sauront aller plus loin que les raccourcis pris ici, et regarder au-delà de l’image péjorative qui est donnée là de l’enseignement du yoga.
Formation en Histoire du Yoga
A partir de février 2025
Une des personnes les plus chères à mon coeur sur le chemin du Yoga, Ananda Ceballos, propose une formation continue en ligne en Histoire du Yoga.
Il est possible de suivre le cycle complet de 50 heures, ou simplement le ou les modules qui vous intéressent (10h).
Plus d'infos sur le site de Satya-Yoga ici :
https://satya-yoga.fr/nos-formations-2-2/formation-continue-histoire-2/

Docteur en Philosophie, spécialisée en Etudes Indiennes, est chargée de cours d’historie et philosophie du yoga à l’Université Complutense de Madrid, dans le DU « Yoga et Santé » de l’Université de Lorraine, ainsi que dans plusieurs écoles de formation d’enseignants de yoga (EFY/FNEY) depuis 2004. Elle tient une rubrique régulière dans le magazine Esprit Yoga depuis 2015 et a contribué à la rédaction de «Yoga: l’Encyclopédie » dirigée par Ysé Tardan-Masquelier chez Albin Michel (2021). En tant que membre du projet de recherche « YoLa : yoga en Amérique Latine », elle a participé dans l’ouvrage collectif « Latināsana »: The Avatars of Yoga in Latina America » (publication prévue en 2024).
Ananda a à coeur de faire descendre la « philosophie du yoga » de sa tour d’ivoire, de l’envisager non pas comme une doctrine mais comme un moyen de se défendre du « prêt-à penser » et des cours de yoga en « mono-culture », de transformer les dissensus en moteur d’action, de réflexion et de vitalité.
Une lumineuse année 2025 !

Que l'année 2025
vous soit aussi douce, bienfaisante et lumineuse
qu'un bon lait d'or !
Je vous souhaite des aubes paisibles et éclairantes,
des marches vivifiantes dans le givre sous le soleil,
des danses folles sous les étoiles,
la paix, la joie et l'amour rayonnants dans vos cœurs !
Mes vœux ont été inspirés par Issâ Padovani dont je vous joins ici la lettre de début d'année :
"
Nous voilà dans cette délicieuse période de l’année où il est non seulement coutume d’échanger des vœux, mais où règne une injonction implicite de le faire…
Si vous êtes, comme moi, lassé du sempiternel « Bonne année, bonne santé ! », je vous invite à découvrir dans ce qui suit une autre manière d’envisager les vœux du Nouvel An.Je me suis posé ce matin sur mon canapé, en contemplant la campagne suisse enneigée et en restant avec la question « Qu’est-ce qu’un vœu, en vérité ? », et voilà ce qui a surgi de cet instant…
Lorsque vous faites un vœu, vous tissez un fil invisible entre votre cœur et l’étoffe du monde.
Ce fil est fait de vos désirs les plus purs, de vos rêves les plus silencieux, et de cette foi fragile mais puissante en la beauté des possibles. Car faire un vœu, ce n’est pas seulement prononcer des mots : c’est entrer en communion avec l’invisible, c’est murmurer à l’oreille du vent une prière secrète et offrir à la vie un éclat de lumière qui vous habite.En effet, si vous faites un vœu, c’est que vous croyez – même inconsciemment – que ce vœu peut prendre vie et se concrétiser. Vous croyez donc à votre pouvoir de donner forme à l’intangible, de transformer une pensée en réalité, une intention en matière.
Ainsi, faire un vœu, c’est planter une graine dans le jardin des possibles.
Vous ne savez pas quand elle germera, ni comment, mais vous savez qu’elle est là, dans la terre fertile de l’univers. Et cette graine, c’est votre pouvoir créateur, votre capacité à co-écrire le grand poème de la vie.Faire un vœu pour un autre, c’est offrir un souffle de vent doux à ses voiles, c’est l’accompagner sans diriger, c’est soutenir son élan à poursuivre son voyage…
En faisant cela, vous dites à cet être :
« Je te vois. Je te reconnais. Et dans ce que je te souhaite, il y a tout l’amour que j’ai pour toi et tout mon élan à ce que tu vives le meilleur, ce qui sera la plus grande contribution pour toi. »Ainsi, un vœu sincère n’est pas une simple pensée.
C’est une bénédiction qui voyage.
C’est une lumière douce qui éclaire le chemin de l’autre, c’est un murmure qui lui rappelle qu’il est aimé, qu’il est porteur d’une immense beauté et que vous avez foi en lui.Alors, avant de faire un vœu, en ce temps de l’année nouvelle, arrêtez-vous un instant.
Prenez le temps de vous connecter en profondeur à l’être à qui vous l’adressez.
Écoutez ce que votre cœur veut vraiment lui offrir.
Peut-être est-ce un souffle de paix, un élan de force, ou une invitation à danser sous les étoiles. Permettez à votre vœu de naître de cet espace de tendresse et d’attention.Chaque vœu que nous faisons en ce temps de l’année est en fait une bénédiction, dont nous n’avons parfois pas conscience…
Lorsque vous bénissez, vous ne donnez pas simplement quelque chose : vous recevez aussi.
Car dans la bénédiction offerte, il y a la reconnaissance de cette vérité éternelle : vous et l’autre ne faites qu’Un.Ce que vous souhaitez pour lui, vous le souhaitez aussi pour vous-même.
Et dans cet échange silencieux, c’est le monde entier qui se répare, un sourire à la fois.
Bénir, c’est devenir un canal de lumière, d’amour et de force.
C’est poser une intention qui ne cherche rien en retour, mais qui, par sa pureté même, transforme tout ce qu’elle touche.Alors je vous invite, en ces jours de l’année où il est traditionnel d’échanger des vœux, à vous arrêter un instant avant de les formuler.
Fermez les yeux.
Respirez profondément.
Et laissez cette question résonner dans l’espace de votre silence intérieur :
« Qu’est-ce que je souhaite vraiment ? »Souhaitez pour vous-même avec douceur et compassion.
Souhaitez pour les autres avec amour et foi.
Et souvenez-vous : chaque vœu que vous faites est une étoile que vous accrochez au ciel, un fil de lumière que vous ajoutez à la grande toile de la vie.
Enfin, lorsque vous faites un vœu, faites-le avec toute votre âme, comme si l’univers vous écoutait avec une tendresse infinie.
Car, en vérité, il le fait.En cet instant, je fais le vœu que vos vœux soient porteurs de joie et de vérité, qu’ils dansent sur les ailes du vent et reviennent à vous, transformés en bénédictions inattendues, et trouvent un écho dans le vaste champ de la vie.
Je fais le vœu que cette année nouvelle soit pour vous une rivière de découvertes et d’émerveillements, où chaque instant est une chance d’aimer et de créer !
Je fais le vœu que cette année 2025 soit pour vous l’espace de la danse entre vos rêves et leur réalisation, entre vos intentions et leur floraison !Avec toute ma gratitude et ma foi en la magie de ce que nous sommes capables de créer chacun·e et ensemble,
Issâ Padovani - Au coeur du Vivant
Cœurdialement,
Julie.